Le Dernier Magicien, tome 2 : Les Cinq Artéfacts de Lisa Maxwell

Laissez-vous transporter dans le temps et découvrez la suite des aventures d’Esta avec Le Dernier Magicien, tome 2 : Les cinq artéfatcs de Lisa Maxwell, aux éditions Casterman.

Ce deuxième volume a frôlé le coup de cœur ! Je suis devenue totalement addicte à cette série.

ATTENTION !

Je vous déconseille de lire cette chronique et d’autant plus le résumé si vous n’avez pas lu le premier volume. Bien que je ne spoile pas, certains éléments risquent de gâcher les rebondissements du tome 1. Cependant, je vous préconise très fortement de lire ma chronique sur le premier volume : Le Dernier Magicien, tome 1 : L’Ars Arcana de Lisa Maxwell, vous ne pouvez pas passer à côté de cette pépite !

Partie I : À la découverte du roman

> La couverture

Je n’appréciais pas la couverture du premier volume, et celle-ci ne fait pas exception. Comparée à la précédente, je préfère néanmoins le tome 1 au 2. Toutefois, il est important de souligner qu’à l’instar du livre L’Ars Arcana, il s’harmonise parfaitement avec l’univers et les éléments présents dans le volume. Il faut savoir que les couvertures représentent à chaque fois un ouroboros.

Un ouroboros est le dessin du serpent se mordant la queue. Il symbolise un cycle, une continuité, un éternel retour, c’est-à-dire que les événements se répètent inlassablement mais avec des différences.

D’ailleurs, en comparant les deux couvertures, nous nous rendons que si cette notion de cycle est présente sur la première couverture, il n’en est rien sur la deuxième. Nous constatons que les serpents ne se mordent plus la queue. Nous pouvons donc en conclure avant même d’avoir lu le livre, que rien ne va se passer comme prévu.

> Description narrative et compagnies

Le genre utilisé est la science-fiction. Cependant, si nous voulons être bien plus précis, nous sommes dans de la science-fantasy. La science-fantasy est un mélange de deux genres : celui de la science-fiction et de la fantasy. Ce sous-genre de la science-fiction n’emploie pas ces deux genres à l’état pur mais mêle les deux. Dans ce livre, nous y discernons la présence de la science-fiction par l’intermédiaire de machines très évoluées telles la Barrière et le voyage dans le temps, tandis que la fantasy est représentée à travers l’emploi de Mages capable d’utiliser des pouvoirs.

Nous sommes en point de vue omniscient du début jusqu’à la fin, c’est-à-dire, que le narrateur connait absolument tout du passé, des pensées et des secrets des personnages. Nous suivons à la fois Esta, Harte, Viola, Jyaniu et d’autres personnages.

Une carte représentant New-York telle que l’histoire l’a façonnée est à découvrir au début du livre, ainsi qu’une carte de l’Exposition Universelle Internationale de St. Louis.

St. Louis se trouve au États-Unis dans l’état du Missouri près du lac Mississippi.

À la fin du récit, vous pourrez trouver une note de l’auteure sur l’Exposition Universelle Internationale de St. Louis. Je vous conseille de la lire, les informations sont vraiment intéressantes.

> Résumé :

Esta a désormais une seule idée en tête, celui de récupérer les artéfacts afin de sauver son compagnon Harte et d’anéantir l’Ordre une bonne fois pour toute. Ensemble, ils franchissent la Barrière mais l’affinité d’Esta est défaillante, elle voit des ombres et n’arrive plus à le contrôler.

En tentant de fuir, Esta est contrainte d’utiliser son don. Malheureusement, au lieu d’avancer de deux jours, elle et Harte se retrouvent accidentellement plonger en 1904, soit deux ans d’écart. Leur plan s’en trouve complètement bouleversé. Ils ne peuvent plus retourner en arrière sans risque de retourner trop tôt en arrière ou trop en avant. Une seule solution leur reste : rassembler les cinq artéfacts à leur époque et tenter de trouver une solution pour les emmener à l’aide de l’Ars Arcana.

Mais l’époque dans lequel ils sont tombés est menacé par des actes terroristes, des mages connus sous le nom d’Antistasi. Les ennemis sont multiples mais le plus grand n’est peut-être pas celui que l’on croit…

Tapi au plus profond d’Harte se cache un pouvoir démoniaque, dont l’objectif ultime est de détruire Esta…

Partie II : Mon Avis

Points positifs

> Le récit

Je suis totalement séduite par la plume de Lisa Maxwell et cette atmosphère particulière. Il faut relever tout de même que l’ambiance diffère un peu du volume précédent. L’écriture est toujours autant additive et captivante. Elle continue à révéler son lot de suspens. Nous sommes tenus en haleine jusqu’à la dernière page. Nous ne nous ennuyons pas et tournons les pages avidement. L’action est un peu plus prédominante, tandis que le côté psychologique l’est moins.

Ce livre représente tous les thèmes que j’affectionne. Elle mêle partie historique, alchimie, magie, histoire d’amour et mythologie égyptienne avec brio. Chaque élément s’imbrique parfaitement afin de créer cet univers original. Elle a su parfaitement employer des éléments véridiques, je pense notamment au Prophète Sans Visage, l’Exposition Universelle… et y placer la fiction. Cela donne de la crédibilité au texte. Derrière les Mages et l’Exposition, elles continuent à parler indirectement de la difficulté à accepter la différence et des discriminations vécus par les immigrants à l’époque.

Du début jusqu’à la fin, j’ai eu l’impression que les événements vécus par Esta et Harte n’étaient pas le fruit du hasard. Il m’a semblé que l’Ars Arcana en était la cause, cherchant à les faire dévier de leur route et accomplir ses propres volontés.

Malgré la complexité du récit, nous comprenons parfaitement les enjeux et les différents bouleversements. L’auteure ne s’égare pas. Tous ont un seul but mais à l’instar du précédent roman, dans des objectifs divergents.

À l’instar de la précédente chronique, je maintiens le fait que cette série pourrait être adaptée en film. L’écriture de Lisa Maxwell a toutes les caractéristiques pour l’univers de la cinématographie. Utilisations de différents points de vues, descriptions parfaitement dosées et les thèmes rentrent dans les mœurs d’aujourd’hui.

La fin n’est pas aussi spectaculaire que pour le premier volume mais elle m’a séduite. J’ai été attristée des chemins pris. Très vite nous comprenons le pourquoi de ce choix mais une fois la dernière ligne du roman lue nous nous posons cette question : est-ce si positif ? Seul le tome 3 nous le dira. Personnellement, j’ai peur que cette proposition brise le charme, j’ai hâte d’en savoir davantage.

> Les personnages

À mon sens, les personnages sont à nouveau le gros point fort de cette série.

Le livre présente une grande diversité aussi bien au niveau des nationalités, des couleurs de peaux, que des orientations sexuelles, des genres… Il est rare qu’une histoire mette en avant autant de différences. Par conséquent, il rend le récit riche et séduira en fonction du vécu de chacun. De plus, il ne symbolise pas qu’une partie de la société mais le monde entier avec succès.

Harte… Je suis littéralement tombée amoureuse de lui ! Trêve de plaisanterie, ce personnage est à nouveau un énorme coup de cœur. Il évoque tout ce que j’aime chez un protagoniste masculin dans ce genre de livre. Il est à la fois viril, élégant, chic avec un aspect un peu félin et charismatique. Dans ce second volume, toutes ses barrières se brisent révélant une âme sensible prêt à tout pour protéger ceux qu’il aime. Il m’a paru davantage sincère vis-à-vis d’Esta. Ce qu’il porte en lui le change petit à petit. Obligé de contrôler ce pouvoir infernal, son côté arrogant et fier à disparu, il ne peut plus se cacher complètement. Lui qui rêvait de liberté, il est encore plus prisonnier qu’au départ. Nous ressentons toute sa souffrance de ne pas pouvoir aimer Esta comme il le voudrait et de devoir refouler au plus profond de lui ses sentiments. Il est touchant et perdu.

Comme écrit dans ma précédente chronique, Harte est avant-gardiste par rapport aux mœurs de son époque, il dégage une certaine modernité, comparé à Jack. Néanmoins, par l’intégration d’idées aujourd’hui révolues, Lisa Maxwell n’oublie pas que notre personnage ne vit pas au XXIe siècle.

L’écrivain a très bien su adapté le tempérament d’Esta après les trahisons qu’elle a subit. Il était inévitable qu’elles la rendent plus dure et différente. Le premier chapitre laisse sous-entendre qu’elle ne sera plus la même. Elle a acquis un esprit vengeur qu’elle ne possédait pas avant et elle est désormais éprise de liberté. Elle a tellement dû refouler ses véritables envies qu’elle oublie le véritable but de la mission et n’écoute pas son compagnon à leurs risques et périls. Sa colère croit au fil des pages, altérant son jugement. Nous nous rendons compte dans ce deuxième volume qu’Esta et Harte sont deux individus, certes, têtus, mais la jeune femme l’est encore plus.

J’ai adhéré suivre le couple Esta et Harte, ce fut mes chapitres préférés. Mes attentes ont été comblées. Ils apprennent à se faire confiance et à survivre à un amour compliqué. Appréciant les histoires d’amour impossibles, je suis ravie. Toutefois, il existe un profond manque de communication entre eux deux. Esta interprète mal certains comportements de son partenaire et ses raisonnements, en particulier vers la fin, m’ont laissée perplexe.

Un autre protagoniste que j’ai apprécié bien que son rôle soit effacé est Theo. Il est tellement doux avec Ruby, il l’aime énormément et est prêt à tout pour la protéger. D’ailleurs, son amour est tellement grand, qu’il n’arrive jamais à lui dire non…

Esta, Ruby et Viola sont trois héroïnes fortes aux tempéraments acérés. Par leurs révoltes et leurs volontés de changer leurs conditions, elles révèlent la place précaire de la femme au XIXe siècle. Lieux ou métiers interdits, difficultés à avoir du poids dans la société, d’être prises en considération ou d’être tout simplement vu comme un être humain et non un objet.

Les autres personnages sont intéressants à suivre, ils apportent une autre dimension au récit.

Points négatifs

> Le récit

Bien que cet aspect ne m’ait pas du tout déranger par rapport à d’autres lecteurs, il faut tout de même reconnaître que nous n’avons pas particulièrement avancé par rapport à certains éléments. Pour ma part, j’ai ressenti que la volonté de l’auteure était de nous en apprendre davantage sur l’Ars Arcana, ses origines, sur les artéfacts. L’objectif est selon moi réussi, j’ai totalement adhéré à ce choix. Le livre peut être vu comme une transition permettant, je pense, un troisième volume épique.

> Les personnages

À mon avis, le véritable point négatif de ce roman est le nombre considérable de personnages à suivre. Nous en comptons pas moins une dizaine. Nous suivons également un protagoniste durant deux époques. Si je n’ai pas eu de difficultés à me repérer, il en sera peut être tout autre pour certains lecteurs. De plus, quelques chapitres m’ont paru un peu lents et ne mettent pas en valeur l’intrigue principale. Cependant, je ne dirai pas que ces passages sont inutiles car nous voyons très vite l’intérêt et le rendu final est excellent.

Le sujet abordé juste après n’est pas un point négatif mais repose uniquement sur un ressenti personnel.

Durant le précédent volume, j’avais eu un énorme coup de cœur pour notre héroïne Esta. Dans cette suite, je n’ai pas été autant séduite. À partir d’une certaine situation, elle m’a paru un peu froide et distante vis-à-vis de Harte. Je peux comprendre le pourquoi mais elle m’a semblé avoir bien du mal à faire la différence entre Harte et le pouvoir en lui. Je ne nie pas qu’elle l’aime et elle est prête à se sacrifier pour lui mais, à mon sens, leurs sentiments ne sont pas partagés de la même manière. D’ailleurs, nous ne connaissons pas les véritables raisons de son affection à son sujet.

Conclusion

Un deuxième volume frôlant le gros coup de cœur. Un livre additif, captivant et impossible à lâcher. Un très bon roman à ne manquer sous aucun prétexte ! Un récit dévoilant une diversité de personnages et un récit complexe parfaitement mené, cohérent et très bien construit. Une fois en sa possession, nous sommes suspendus à chaque mot avide de connaître l’aboutissement de l’histoire.

Note : 5/5

Citation tirée du livre

Elle s’interrompit. Harte voulait lui prendre les bras, mais elle se leva soudain et recula d’un pas. – Non. Je ne peux pas te forcer à m’aider, mais je ne te laisserais pas m’empêcher d’aller au bout de ma décision. Soit tu es avec moi, soit je me débrouille seule. Il poussa un soupir de lassitude. – Tu sais bien que je suis avec toi. Ces paroles semblèrent la radoucir. Elle lui adressa un bref sourire, hocha la tête et s’en alla annoncer la nouvelle à Ruth. Harte la regarda s’éloigner, le dos droit, ses bras balançant au rythme de ses pas. Forte. Assurée. Tellement… Esta. – Jusqu’au bout, murmura-t-il. Mais il ne savait pas à qui il parlait, et le vent emporta ses mots au loin.

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