Classique Littéraire : Sur quels critères repose cette distinction ?

Bonjour à toutes et à tous !👋🏻

Aujourd’hui, ma publication ne sera pas consacrée à partager mon avis sur un livre mais à découvrir quels sont les critères caractérisant un classique littéraire (ils peuvent également être appliqués dans les autres domaines).

Au fil de mes écrits, j’emploie des phrases ou des nombres (de ventes, de traductions…) provenant d’autres sites. Afin de citer mes sources, ils seront suivis de symboles : (*chiffre). Vous pourrez retrouver ces chiffres à la fin de l’article, accompagnés des pages en question.

Cette idée d’article a vu le jour à l’issue d’une conversation sur mon groupe Babelio, Club Fantastique et Fantasy, à savoir, si la série Eragon de Christopher Paolini reposait parmi les classiques.

Grâce à un membre, j’ai constaté que je manquais d’informations sur le véritable sens du mot « classique  ».

Si nous consultons une des définitions du dictionnaire Larousse, nous découvrons ceci :

« qui a atteint une notoriété telle qu’il sert de référence dans son genre » (*1)

Cette définition m’a alors amené à effectuer de plus amples recherches et à me poser la question suivante :

Sur quels critères repose cette distinction ?

À travers ma publication, nous tenterons également de répondre à la question suivante :

La série Eragon de Christopher Paolini est-elle un classique ?

Vous verrez au fil de cet article, qu’un classique devient une « référence » non pas en fonction de critères préétablis mais par des critères subjectifs partagés ou non.

Mes recherches sont divisées en questions, elles-même divisées en deux parties intitulées « Premier point de vue » et « Deuxième point de vue », afin que vous découvrirez qu’un critère peut être appréhender d’une manière différente en fonction de chacun.

Un classique repose-t-il sur des chiffres de vente et de traductions ?

Premier point de vue :

Il est vrai que les livres acceptés comme des classiques ont souvent des chiffres de vente impressionnant et de nombreuses traductions. Prenons l’exemple de la série Harry Potter de J. K. Rowling, vendu à plus de 500 millions d’exemplaires (*3) et traduit en 80 langues (*4).

Deuxième point de vue :

Les chiffres ne rentrent pas toujours en ligne de compte.

Exemple avec la trilogie À la croisée des mondes de Philip Pullman, classée parmi les « classiques » de la littérature anglophone. (*5)

Cette dernière est moins populaire puisqu’elle auraient cumulé « seulement » plus de 17 millions de ventes (*6), soit moins que la saga Le Monde de Narnia de C. S. Lewis (100 millions (*7)) et moins qu’Eragon (plus de 35 millions (*8)).

De plus, si nous constatons le nombre de traduction de la trilogie de Philip Pullman, 39 (*9), elle est moindre par rapport à la saga Harry Potter (80 traductions) ou par rapport à la série Le Monde de Narnia de C. S. Lewis traduit en 50 langues (*10).

Quant à la série Eragon, faisant débat sur sa place de classique ou non, elle a également été traduit en 50 langues (*11).

Un classique repose-t-il sur une popularité ?

Premier point de vue :

Effectivement, le fait qu’un livre soit rentré dans les consciences collectives est l’un des critères possibles. Nous pouvons citer à nouveau une partie de la définition du dictionnaire Larousse :

« qui a atteint une notoriété » (*12)

Ou cet extrait (*13) :

« La notion de classique, en revanche, se réfère de manière plus large à la réception de l’œuvre, à la reconnaissance durable qu’elle obtient au sein de la société qui la reçoit, et à l’importance qu’elle prend dans la culture dont elle fait partie. »

Cependant, et nous y reviendrons plus tard, cette popularité peut dépendre de nombreux facteurs sur une échelle géographique. 

Deuxième point de vue :

La popularité n’est pas toujours un critère pour qu’une œuvre devienne un classique.

Si nous reprenons l’exemple de la trilogie À la croisée des mondes de Philip Pullman, cette dernière a été vendu à « seulement » 17 millions de livres dans le monde, soit moins qu’Eragon et bien moins qu’Harry Potter. Nous pouvons donc en déduire que malgré une popularité plus basse que les autres classiques, il a trouvé sa place parmi les références littéraires.

Un classique repose-t-il sur des éléments innovateurs ?

Premier point de vue :

Un classique peut reposer sur des éléments nouveaux.

En terme de classiques reconnus par des éléments innovants, nous pouvons citer l’auteur Arthur Conan Doyle, qui fut le premier a intégré un détective scientifique au genre du roman policier :

« C’est seulement avec Conan Doyle qu’émerge la première figure de détective vraiment scientifique avec son personnage de Sherlock Holmes. » (*14)

Nous pourrions également penser à des auteurs comme J. R. R. Tolkien avec Le Seigneur des Anneaux, souvent considéré comme le père de la fantasy moderne :

« Tolkien est ainsi considéré, pour certains, comme le « père » ou l’un des « pères » de la fantasy moderne.  » (*15).

Toutefois, cette information n’est pas totalement juste. En effet, il a apporté des éléments novateurs comme la création d’un langage, des cartes… mais il n’a pas inventé la fantasy moderne.

Nous pouvons le constater à la lecture de cet article (*16) :

« La période à laquelle les critiques s’accordent tous à voir naître la fantasy est le xixe siècle, avec l’auteur écossais George MacDonald (Phantastes en 1858, The Princess and the Goblin en 1872) ou encore avec l’écrivain, peintre et architecte William Morris (La Plaine étincelante en 1891, The Wood Beyond the World en 1894, La Source au bout du monde en 1896) dont l’œuvre a influencé Tolkien. »

Ou encore dans cet autre extrait (*17) :

« La Source au bout du monde (en anglais The Well at the World’s End) est un roman merveilleux de l’artiste britannique William Morris paru en 1896. Il est considéré comme l’un des romans précurseurs du genre littéraire de la fantasy, ayant influencé des écrivains comme J.R.R. Tolkien et C.S. Lewis. »

J. R. R. Tolkien a eu également d’autres influences (*18) :

« Tolkien est l’un des plus grands spécialistes de littérature médiévale anglaise et son œuvre entre donc en résonance avec des manuscrits, des estampes, des livres et des objets du Moyen-Âge présents dans les fonds de la BnF. L’exposition fait dialoguer ses récits avec les collections patrimoniales de la BnF et d’autres institutions prestigieuses, donnant ainsi des repères au visiteur français pour voyager dans cet imaginaire nourri de références et de traditions anglo-saxonnes. »

Deuxième point de vue :

Un livre peut être classique sans apporter de nouveaux éléments à un genre existant.

Si je prends l’exemple de L’Île au trésor de Robert Louis Stevenson, œuvre emblématique et populaire entrée dans la mémoire collective, l’écrivain n’a pas apporté une nouveauté dans le genre du roman d’aventure. Il respecte les codes même de ce genre.

« Le récit ou roman d’aventures est un récit ou roman qui se base sur l’action et multiplie les péripéties. Il repose sur le suspense plutôt que sur la psychologie des personnages. Le héros, souvent masculin, est confronté à une situation périlleuse à laquelle il doit faire face, de façon souvent rocambolesque. » (*19)

Pour la petite histoire, le premier grand roman d’aventure est Robinson Crusoé de Daniel Defoe, bien que ce genre existait bien avant lui :

« L’un des premiers grands romans d’aventures, Robinson Crusoe (1719) de Daniel Defoe » (*20)

« Ce genre romanesque, construit sur les péripéties qui surviennent à un personnage, est peut-être aussi ancien que la littérature. On le trouve déjà dans l’Égypte antique (le Conte du naufragé remonte à 2000 avant notre ère). Dans la civilisation européenne, il est l’héritier de certains romans grecs du iie siècle (les Aventures de Leucippé et de Clitophon d’Achille Tatius, les Aventures de Chréréas et de Callirhoé de Chariton d’Aphrodise), de romans latins (Apulée), du roman de chevalerie du xiie-xiiie siècle et du roman picaresque. » (*21)

Un classique repose-t-il sur des récompenses ?

Premier point de vue :

Les récompenses peuvent permettre à une œuvre de devenir un classique :

« Une approche institutionnelle : les classiques sont les artistes et les œuvres qui ont obtenu des récompenses dans leur domaine (puisqu’il en existe pour tous les arts, en littérature, en théâtre, au cinéma, etc.) » (*22)

En effet, la série Harry Potter, Le Seigneur des Anneaux, À la croisée des mondes, Le Monde de Narnia, ont tous reçu plusieurs prix.

Deuxième point de vue :

À l’instar des autres éléments cités, ce n’est pas un critère pour certains lecteurs. De nombreux livres ont reçu des prix sans être pour autant des classiques, exemple Les ailes d’émeraude d’Alexiane de Lys (Prix de l’Imaginaire Nouvelles Plumes 2014 (*23)).

Un classique repose-t-il seulement sur une échelle mondiale ?

Premier point de vue :

Certains lecteurs considèrent qu’une œuvre dite un « classique » le devient car elle a une renommée mondiale.

« Un classique est réputé atteindre à l’universalité » (*24)

Deuxième point de vue :

Une œuvre dite un « classique » ne se mesure pas uniquement par rapport à une échelle mondiale, mais peut également dépendre d’une culture, d’un peuple, d’une nation, d’un pays ou d’une zone géographique :

« La définition de ce qu’est un classique pose également des problèmes d’échelle. Un classique est réputé atteindre à l’universalité, mais, dans le même temps, on considère généralement les classiques comme les représentants par excellence d’une culture donnée. Cela pose donc la question de savoir si l’on doit raisonner en termes de langue, de peuple ou de nation (voire de région), de civilisation (il y aurait par exemple des classiques occidentaux — le « Western Canon » anglo-saxon — et des classiques Orientaux, asiatiques, africains, etc.), ou même à l’échelle mondiale. En dehors des enjeux politiques de ces classements, la notion d’œuvres classiques se réfère à la notion de patrimoine culturel. » (*25)

Ainsi, en consultant ces informations, nous constatons qu’un livre ou un auteur peuvent être des classiques sur l’échelle d’un seul pays ou d’une partie de la population.

Notons par exemple, l’auteur Pierre Bottero. Ses trilogies jeunesses fantasy à succès (La Quête d’Ewilan, Les Mondes d’Ewilan, Le Pacte des Marchombres…) lui ont permis de devenir un auteur incontournable et de rentrer dans notre patrimoine culturelle de la fantasy française.

« Une trilogie captivante, signée Pierre Bottero, auteur incontournable de la fantasy française. » (*26)

Cependant, il ne l’est que sur une échelle française.

Un classique repose-t-il sur des critères personnels ?

Premier point de vue :

L’éducation joue un rôle dans nos croyances, c’est pourquoi nous pouvons considérer qu’un classique ne repose pas sur des critères personnels. Nous pouvons mentionner les classiques dits « les classiques scolaires ». Nous avons appris à les nommer ainsi sans en connaître parfois la raison.

« Une approche d’histoire de l’éducation : les classiques sont les œuvres que l’on enseigne à l’école, qui font partie des programmes scolaires. Par exemple, en Grèce antique, dès l’époque classique, on enseignait Homère aux jeunes gens. » (*27)

De ce fait, nous pouvons interpréter que les livres sortant de l’éducation nationale ne sont pas des classiques.

Deuxième point de vue :

Si nous prenons l’exemple de la série Eragon de Christopher Paolini, certains lecteurs ne le considèrent pas tel un classique dû aux nombreuses ressemblances avec plusieurs œuvres.

D’autres pensent que cette saga est un classique par sa popularité parmi les lectures de la fantasy.

À la suite des informations citées plus haut, nous constatons que les deux parties n’ont ni tord, ni raison. Tout dépend des critères des lecteurs, du vécu, des goûts, de la zone géographique, de ses convictions et de la sensibilité de chacun.

Permettons-nous de citer un deuxième exemple avec la saga Harry Potter.

Devenue incontournable et un classique pour un grand nombre de personnes :

« Harry Potter : déjà un classique pour des universitaires » (*28)

Nous pouvons en déduire à la lecture de l’extrait suivant, que ces lecteurs ne doivent pas le considérer ainsi :

« Professeur à l’Université Yale et critique littéraire, Harold Bloom a remis en question les mérites littéraires attribués aux livres. Ainsi, pour Bloom, « l’esprit de Rowling est tant gouverné par les clichés et métaphores dépassées qu’elle n’a aucun autre style d’écriture à proposer ». Le critique et écrivain anglais Anthony Holden s’est exprimé dans The Observer au sujet de sa propre expérience alors qu’il jugeait Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban à l’attribution du Prix Costa (que Rowling a remporté en 1999). Sa vision globale de la série était négative : « la saga de Potter est essentiellement condescendante, conservatrice, hautement dérivée et profondément nostalgique d’une Angleterre révolue ». Ursula K. Le Guin, auteure de science-fiction et de fantasy, a précisé : « Je n’ai pas grande opinion de cela. Quand tant de critiques adultes s’emballent à propos de l’« incroyable originalité » du premier livre de Harry Potter, je demeure un peu perplexe. Il semble que cela soit un fantasme d’enfant réalisé à travers un « roman d’école », accessible pour ce groupe d’âge, mais stylistiquement ordinaire, imaginativement dérivé et éthiquement plutôt malsain ». (*29)

À nouveau, ces deux points de vue restent subjectifs et ces extraits le confirment bien (*30) :

« En ce sens, la notion de classique est liée à la définition même de ce qui relève ou non d’un art donné : ainsi une œuvre littéraire dont la qualité ne fait pas l’unanimité pourra, selon les lecteurs et les critiques, relever ou non de la littérature. »

« Une approche relevant du jugement esthétique : les classiques sont les « meilleures » œuvres et les « meilleurs » auteurs, les plus importants, par opposition avec les œuvres et auteurs « mineurs ». Cette approche pose le problème du choix des critères esthétiques permettant de juger de la qualité d’une œuvre ou de l’importance d’un auteur. »

Tous ces points ne sont qu’une partie des critères pouvant faire d’une œuvre un classique. Comme le cite un article « Ces approches sont complémentaires, dans la mesure où aucune ne suffit à englober tous les aspects de la notion. »(*31)

Par conséquent, à la vue de cet article, nous en concluons qu’il est incontestable qu’un classique est une oeuvre de référence. Néanmoins, elle sera définie comme telle en fonction d’un ou de plusieurs paramètres subjectifs.

En conclusion, la série Eragon est-elle un classique de la littérature ?

> Oui et non, tout dépendra des critères des lecteurs.

Voici la fin de mon article. J’espère que ce dernier vous aura intéressé.

Je vous dis à très vite pour une future publication !

Bonne lecture !📚


Source :

(*1) : Source Définitions : classique – Dictionnaire de français Larousse (larousse.fr)

(*2) : Source Classique (dans les arts) – Wikipédia (fr.wikipedia.org)

(*3) : Source Harry Potter : 500 millions d’exemplaires vendus dans… (actualitte.com)

(*4) : Source Traductions de Harry Potter – Wikipedia (fr.wikipedia.org)

(*5) : Source À la croisée des mondes – Wikipédia (fr.wikipedia.org)

(*6) : Source Le succès littéraire « À la croisée des mondes » aura bien une… (lesechos.fr)

(*7) : Source Le Monde de Narnia – Gallimard Jeunesse (gallimard-jeunesse.fr)

(*8) : Source Christopher Paolini, auteur d’ « Eragon » : « Dès qu’un dragon… (lemonde.fr)

(*9) : Source À la croisée des mondes – Gallimard Jeunesse (gallimard-jeunesse.fr)

(*10) : Source Le Monde de Narnia – Gallimard Jeunesse (gallimard-jeunesse.fr)

(*11) : Source « Eragon » revient en nouvelles : « Un avant-goût avant de… (rtl.fr)

(*12) : Source Définitions : classique – Dictionnaire de français Larousse (larousse.fr)

(*13) : Source Classique (dans les arts) – Wikipédia (fr.wikipedia.org)

(*14) : Source Roman policier – Wikipédia (fr.wikipedia.org)

(*15) : Source J. R. R. Tolkien – Wikipédia (fr.wikipedia.org)

(*16) : Source Fantasy – Wikipédia (fr.wikipedia.org)

(*17) : Source La Source au bout du monde – Wikipédia (fr.wikipedia.org)

(*18) : Source Tolkien, voyage en Terre du Milieu | BnF – Site institutionnel (bnf.fr)

(*19) : Source Le récit d’aventure – 5e – Cours Français – Kartable (kartable.fr)

(*20) : Source roman d’aventure – Encyclopédie Larousse en ligne (larousse.fr)

(*21) : Source roman d’aventure – Encyclopédie Larousse en ligne (larousse.fr)

(*22) : Source Classique (dans les arts) – Wikipédia (fr.wikipedia.org)

(*23) : Source Les ailes d’émeraude, tome 1 – France Loisirs (franceloisirs.com)

(*24) : Source Classique (dans les arts) – Wikipédia (fr.wikipedia.org)

(*25) : Source Classique (dans les arts) – Wikipédia (fr.wikipedia.org)

(*26) : Source La Quête d’Ewilan | Livre de Poche (livredepoche.com)

(*24) : Source Classique (dans les arts) – Wikipédia (fr.wikipedia.org)

(*27) : Source Classique (dans les arts) – Wikipédia (fr.wikipedia.org)

(*28) : Source Harry Potter : déjà un classique pour des universitaires (actualitte.com)

(*29) : Source Harry Potter – Wikipédia (fr.wikipedia.org)

(*30) : Source Classique (dans les arts) – Wikipédia (fr.wikipedia.org)

(*31) : Source Classique (dans les arts) – Wikipédia (fr.wikipedia.org)

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s