Classique Littéraire du Mois : L’Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde de Robert Louis Stevenson

Bonjour à toutes et à tous !👋🏻

En ce mercredi, je vous retrouve pour mon classique littéraire du mois et la validation du deuxième livre pour le Pumpkin Autumn Challenge. Il figure dans le menu Automne Astral dans la sous-catégorie Songe d’une nuit d’automne. Ce classique est L’Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde de Robert Louis Stevenson, aux éditions Flammarion (Collection Librio).

Comme certains le savent certains, chaque mois je lis un classique de la littérature. Bien que je participe au Pumpkin Autumn Challenge, je ne voulais pas déroger à cette règle. J’ai donc cherché un titre emblématique. Je ne voulais pas relire Dracula de Bram Stocker car je n’en avais pas gardé un bon souvenir. J’hésitais alors entre Frankenstein ou Le Prométhée Moderne et L’Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde. J’avais une petite préférence pour L’étrange cas de Dr Jekyll et Mr Hyde mais j’ai néanmoins posé, sur Babelio, Twitter et Instagram, la question suivante : Quel livre me conseillerez-vous entre Frankenstein ou Le Prométhée Moderne et L’Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde ? Majoritairement, ce fut L’Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde qui l’emporta me confortant dans mon choix.

Concentrons-nous à présent sur le livre.

Le genre prédominant est le fantastique.

Afin qu’il n’y est pas d’ambiguïté, je fais une petite parenthèse pour vous parler de la différence entre le fantastique et l’urban fantasy (sous-genre de la fantasy).

Le genre fantastique :

• Le personnage mène une vie banale et l’histoire se déroule dans le monde réel.

• Le surnaturel (pouvoir magique, elfes, fantômes…) n’existe pas dans les croyances du ou des personnage(s).

• Un fait étrange vient s’incorporer au récit mais le héros hésite entre le réel et l’irréel, voir refuse l’impensable.

• Le fantastique peut être interpréter de différentes manières par le lecteur car il n’y a pas d’explications sur le pourquoi de cette étrangeté. Nous pouvons très bien l’interpréter d’une manière rationnelle ou au contraire se laisser porter par l’imagination et voir un caractère surnaturel.

• Un sentiment d’angoisse, de tension, voir parfois de peur se ressent dans la lecture du récit.

Passons au genre fantasy :

Le genre littéraire de la fantasy est un terme général dans lequel nous trouvons une multitude de styles : les sous-genres de la fantasy.

Pour donner quelques exemples :

> la low fantasy = un élément (une armoire, un pont…) permet aux personnages d’aller de notre monde (la Terre) à un autre. Exemple : Le Monde de Narnia de C. S. Lewis

> la high fantasy = l’univers du livre est totalement imaginaire et n’a aucun lien avec le nôtre. Exemple : Le Seigneur des Anneaux de J. R. R. Tolkien

> l’epic fantasy : un groupe de personnages doit ensemble sauver le monde, un pays ou une ville… Exemple : Le Monde de Narnia de C. S. Lewis

> l’heroic fantasy : un personnage doit seul accomplir une quête pour sauver le monde, un pays, une ville… Exemple : Eragon de Christopher Paolini

> la medieval fantasy : les décors, l’univers et les mœurs s’inspirent de l’époque du Moyen-Âge. Exemple : Le Trône de Fer de Georges R. R. Martin

> la animal fantasy : certains personnages, voir l’ensemble, sont des animaux capable de facultés humaine : parler, s’habiller… Exemple : À nouveau Le Monde de Narnia de C. S. Lewis

La liste est exhaustive car il existe un très grand nombre de sous-genres.

Il est à noter également qu’un récit de fantasy ne comporte pas qu’un seul sous-genre mais plusieurs, c’est la cas de la saga Le Monde de Narnia de C. S. Lewis vu précédemment. Dans l’histoire, nous trouvons à la fois de la low fantasy (une armoire leur permet d’aller de notre monde à celui de Narnia), de la medieval fantasy (Narnia a des aspects similaires au Moyen-Âge), de l’epic fantasy (les quatre enfants doivent sauver Narnia) et de l’animal fantasy (certains animaux de l’histoire comme Aslan, sont dotés de la parole).

Mais celui nous intéressant aujourd’hui est l’urban fantasy car il est très souvent confondu avec le fantastique.

• Dans l’urban fantasy, l’histoire se passe systématiquement dans notre monde (la Terre).

• La magie et les êtres surnaturels existent dans la vie quotidienne mais sont cachés pour se protéger du simple commun des mortels. La magie peut être retrouvée dans un lieu totalement invisible pour l’œil d’un humain banal : Poudlard dans Harry Potter, dans un lieu difficile d’accès, à l’intérieur d’une organisation secrète ou au sein d’une famille…

• Il existe deux types de héros dans l’urban fantasy :

Première possibilité :

> Soit le héros ne croit pas au surnaturel et est dénué de pouvoirs magiques. Deux cas de figure peuvent s’offrir à lui :

Il découvrira d’où il vient et développera des dons ou pratiquera la magie grâce à des instruments.

Exemple : Harry Potter dans Harry Potter à l’école des sorciers de J. K. Rowling

Ou il n’aura aucun pouvoir mais évoluera à côté d’êtres surnaturels.

Deuxième possibilité :

> Soit le héros croit au surnaturel car il est né dans une famille « magicienne ». Il peut avoir un don de naissance ou alors devoir attendre un certains âge pour le développer ou apprendre les secrets ancestraux.

Exemple : Norbert Dragonneau dans Les Animaux Fantastiques de J. K. Rowling

Dans les deux cas, l’histoire de déroule sur Terre.

Il existe également deux façons d’aborder le surnaturel dans le récit :

Soit, un fait surnaturel vient s’incorporer à la vie d’un personnage menant une vie comme vous et moi. Des explications sont alors apportées et le héros finit par y croire.

> Exemple : Harry Potter dans Harry Potter à l’école des sorciers de J. K. Rowling

Soit, le surnaturel est normal et rythme la vie du personnage.

> Exemple : Norbert Dragonneau dans Les Animaux Fantastiques de J. K. Rowling

Pourquoi l’urban fantasy et le fantastique sont-ils confondus ?

Cela provient du fait que dans les deux cas un fait surnaturel apparaît dans notre monde.

Comment peut-on les différencier ?

Par rapport aux informations transmises ci-dessus, il faut se poser les questions suivantes :

A-t-on affaire à un héros surnaturel (magicien, sorcier…) vivant sur Terre ?

> Si oui, alors nous sommes dans de l’urban fantasy.

> Si non, il nous faut nous interroger davantage.

Le héros finit-il par accepter le surnaturel ?

> Si oui, nous sommes dans de l’urban fantasy.

> Si non, nous sommes dans le fantastique.

Si après ces deux questions, vous doutez toujours, vous pouvez vous poser ces questions, qui, à mon sens, permettent plus facilement de savoir si nous sommes dans du fantastique ou de l’urban fantasy.

Dans le récit, existe-t-il un lieu « magique » caché des simples humains ? Des règles sont-elles établies autour de cet élément surnaturel ?

> Si oui, nous sommes dans de l’urban fantasy.

> Si non, nous sommes dans le fantastique.

Conclusion :

Bien que le fantastique et l’urban fantasy se déroulent sur la planète Terre, ce sont deux univers à part.

Le fantastique apporte un élément surnaturel mais le héros et le lecteur peuvent interpréter de différentes manière la nature de cette étrangeté : fait réel ou irréel ? Une tension est palpable.

Tandis que l’urban fantasy apporte un élément surnaturel bien défini et expliqué, ne laissant aucune ambiguïté sur la nature de l’objet en question.

ATTENTION ! Même en matière de cinéma, le fantastique cinématographique ne doit pas être confondu avec la fantasy cinématographique. Les règles sont exactement les mêmes que pour la littérature.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les poser.

À présent, tournons-nous vers L’Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde.

Comme dit précédemment, nous sommes dans le genre fantastique. Cependant, en vérité, nous évoluons majoritairement dans un roman policier, puisque le notaire Mr Utterson enquête sur l’identité de Mr Hyde. Il faudra attendre le dernier chapitre pour voir apparaître le côté fantastique de l’œuvre.

La couverture, bien que moderne, représente parfaitement les deux grands thèmes du roman. Afin de ne pas dévoiler l’histoire, je préfère me taire sur ces thèmes en question.

Le récit s’alterne entre des points de vues différents : des points de vues omniscients (le lecteur sait tout) et des points de vue interne (le lecteur ne connait que les pensées et les dires du personnage). L’histoire s’entrecoupe de lettres écrites par deux des personnages.

Vous trouverez à la fin de l’ouvrage, un dossier d’étude de l’œuvre, ainsi qu’un lexique.

Résumé :

Depuis quelque temps, un inconnu dénommé Edward Hyde rôde dans les quartiers de Londres tard le soir. Le fait pourrait paraître banal s’il ne brutalisait pas certains passants et s’il n’était pas accusé de meurtre. Mr Utterson, notaire, est particulièrement attentif à cet individu car il a retrouvé son nom dans le testament du Dr Jekyll. Bien que le notaire met en garde le docteur, ce dernier s’obstine à vouloir protéger un assassin et lui léguer ses biens. Le notaire est inquiet car Mr Hyde est dangereux… Il décide alors de mener l’enquête.

Qui est véritablement Mr Hyde ? Pourquoi Dr Jekyll semble-t-il tant lui accorder sa confiance ? Quels secrets cachent-ils ?

Mon ressenti :

L’écriture est fluide et vraiment très bien écrite. Malgré la présence de mots très soutenus, voir peu usuels à notre époque (le lexique présent permet de les comprendre), nous discernons sans mal le récit. L’histoire est courte mais n’en demeure pas moins bien construite et suffisante, bien que j’aurais aimé un dernier chapitre afin de connaître le point de vue de Mr Utterson sur les écrits de Dr Jekyll. J’ai apprécié le travail autour des personnages, notamment Dr Jekyll et Mr Hyde.

Du début jusqu’à la fin, nous sentons une tension. Le mystère et les questionnements ne cessent de s’épaissir au fur et à mesure. Le livre est attractif, nous voulons savoir qui est véritablement Mr Hyde. Quel lien a-t-il avec le Dr Jekyll ? Bien que je connaissais la pathologie nommée Dr Jekyll et Mr Hyde ou dédoublement de la personnalité, je ne savais pas du tout comment ces deux êtres que tout opposent avaient pu immerger. Bien entendu étant du fantastique, soit on cherche un raisonnement rationnel aux événements, soit on lit l’histoire au premier degré. Pour ma part, j’ai préféré me tenir à l’aspect surnaturel. Cependant, derrière cet aspect se cache un véritable message.

M’attendant à un récit particulièrement psychologique, j’ai été surprise de découvrir qu’un seul chapitre était concerné. Ce dernier est la clé de l’œuvre. Il est d’autant plus appréciable qu’il aborde un sujet mental d’une manière simple. Selon moi, cette partie est vraiment intéressante pour comprendre la vraie nature de l’être humain. Nous portons tous en nous du bien et du mal. C’est à nous de décider lequel des deux sera le plus fort. Malheureusement, dans le cas du livre, à vouloir jouer avec le feu le personnage a fini par se perdre totalement. Dans cette partie, nous sentons les violentes dualités que Robert Louis Stevenson devenait lui-même avoir entre les principes et ses envies profondes. Dr Jekyll et Mr Hyde m’ont beaucoup fait penser à Gollum dans Le Seigneur des Anneaux de J. R. R. Tolkien, en particulier dans le 2. Nous percevons exactement le même trouble.

Un autre syndrome est également à souligner. Je ne l’avais pas tout de suite vu avant de consulter le dossier d’étude à la fin de l’ouvrage. En effet, à travers la fameuse drogue du Dr Jekyll, l’auteur parle du problème de l’addiction et de ces grandes difficultés pour arrêter cette dépendance.

Conclusion :

Un excellent classique fantastique où la tension et le mystère sont palpables du début jusqu’à la fin. Derrière l’aspect surnaturel, l’auteur aborde avec simplicité des pathologies mentales, à savoir le dédoublement de personnalité et l’addiction.

Un classique incontournable permettant la réflexion.

Citation tirée du livre :

De jour en jour, et par les deux côtés de mon intelligence, le moral et l’intellectuel, je me rapprochai donc peu a peu de cette vérité, dont la découverte a entraîné pour moi un si terrible naufrage : à savoir, que l’homme n’est en réalité pas un, mais bien deux. […] Ce fut par le côté moral, et sur mon propre individu, que j’appris à discerner l’essentielle et primitive dualité de l’homme ; je vis que, des deux personnalités qui se disputaient le champ de ma conscience, si je pouvais à aussi juste titre passer pour l’une ou l’autre, cela venait de ce que j’étais foncièrement toutes les deux […].

Sous quels formats puis-je le trouver ?

Vous pouvez le trouver en version livre numérique et en version brochée.

Où puis-je me le procurer ?

Vous pouvez l’acheter dans les librairies la Fnac, Amazon, Cultura et Decitre.

Bonne lecture !📚

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